RECRISTALLISATION, nom féminin.
[ʁə.kʁis.tal.li.za.sjɔ̃]
Processus physico-chimique par lequel des cristaux, ou des particules d’une substance initialement cristalline ou amorphe, se dissolvent et reforment de nouveaux cristaux sous l’influence de conditions environnementales modifiées, telles que la présence d’un solvant (comme l’eau), des variations de température ou de pression. Dans le contexte des matériaux photographiques à base d’argent, il s’agit de la réorganisation de l’argent métallique réduit ou des sels d’argent résiduels au sein de l’émulsion, suite à une dégradation (par exemple, par l’humidité), conduisant à la formation de structures cristallines inédites, souvent de morphologies complexes et ramifiées.
Dans le domaine de l’altération des supports photographiques, la recristallisation est généralement considérée comme une forme de dégradation du document original. Cependant, ce phénomène peut paradoxalement générer des motifs visuels d’une grande complexité et d’un intérêt esthétique singulier. Ces « images secondaires » ou « images de dégradation » émergent du hasard des interactions physico-chimiques au sein de la pellicule, créant des textures granulaires, des formes dendritiques ou arborescentes, et des variations chromatiques inattendues. La sélection de telles images pour leur valeur graphique souligne la capacité du processus de dégradation à transcender sa nature destructrice pour révéler de nouvelles potentialités visuelles, transformant l’accident en une forme d’art abstrait.
« La recristallisation fortuite des sels d’argent sur cette pellicule Ektachrome endommagée par l’eau a transformé une image oubliée en une œuvre d’art abstraite et inattendue, une manifestation imprévue de la chimie des matériaux photographiques. »






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